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Dossier Spécial Développement Durable || Une politique volontariste globale pour lutter contre la pollution de l’air

29.05.2015

LES WOMEN’S FORUM SPECIAL REPORTS

Une série d’articles illustrant les sujets et les thématiques abordés au cours des événements du Women’s Forums à travers le monde

 

La lutte pour la préservation des ressources naturelles

Partie 2 : une politique volontariste globale pour lutter contre la pollution de l’air

 

L’image est forte et elle l’est à dessein : en novembre dernier, le journal Le Monde publiait à sa une les résultats d’une étude choc. Le 13 décembre 2013, la qualité de l’air dans Paris était aussi mauvaise qu’une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs. On pourrait tenter de se rassurer en se disant que cette étude a été effectuée un jour où la capitale était fortement exposée en raison d’une forte activité industrielle. Mais lorsque l’on regarde le classement effectué par l’ONG Bureau européen de l'environnement (BEE), Paris est classée au 6e rang sur 23, ex-æquo avec Helsinki et Londres en matière de qualité de l’air. 

Si ce classement n’a rien de déshonorant, l’ONG pointe l’absence de politique volontariste en matière de réduction des émissions, avec des concentrations de particules fines (PM10) et de dioxyde d'azote (NO2) qui restent «supérieures aux seuils réglementaires européens et sans aucune trajectoire de réduction prévisible». 

 Au Women’s Forum les enjeux liés à la pollution ont fait l’objet de débats ces dix dernières années. Qu’ils soient industriels, ingénieurs, architectes ou responsables politiques, les intervenants du Women’s Forum ont tenté de faire valoir les bonnes pratiques mises en place par leurs organisations afin de parer au changement climatique.

 

La lutte contre la pollution atmosphérique doit s’accomplir par l’action conjointe des pouvoirs publics et des entreprises qui sont responsables en majorité des émissions de gaz à effet de serre. Cela fait de nombreuses années que l’on a fait le constat du lien entre certains choix industriels et la pollution de l’air.

Pourtant, vingt ans après la première conférence climat organisée sous l’égide de l’ONU, le constat est toujours le même, accablant même : La Terre se réchauffe, ce qui engendre des phénomènes climatiques extrêmes, dus par exemple à l’absence de précipitations ou au contraire à une sur abondance selon les régions du monde. Pour y faire face, les villes ont leur rôle à jouer en étant moins énergivores. C’est ce que suggérait Livia Tirone, une architecte portugaise spécialisée dans le développement durable lors du Global Meeting de 2007 sur la session intitulée Sustainable cities – where the environment meets the individual.“ Nous devons réduire notre dépense énergétique en matière de construction, mieux isoler les bâtiments et installer des panneaux solaires pour y capter l’énergie” expliquait-elle déjà.

 

Livia Tirone

 

La ville de Paris pourrait s’inspirer d’une ville comme San Francisco. La ville californienne est en effet exemplaire en matière d’environnement. Elle s’est fixée en 2002 un objectif ambitieux mais qu’elle est en passe de réaliser : Objectif zéro déchet d’ici 2020 ! C’est grâce au recyclage et au compostage notamment, que douze ans plus tard la ville a déjà dépassé 80% de taux de récupération des déchets. A terme, les décharges et incinérateurs, lieux de forte pollution n’auront plus lieu d’être. Pour y parvenir, la mairie a pris des mesures fortes : Obligation de recycler au moins 65% de matériaux de construction, comme le béton, le métal ou le bois, interdiction de l’usage du polystyrène pour tout composant alimentaire ou encore, interdiction des sacs plastiques dans les supermarchés et les pharmacies… Une telle réussite due à un volontarisme politique dont on aimerait qu’il se propage au-delà de la Californie.

Mais, alors qu’à la fin de l’année se tiendra la conférence de l’ONU sur le climat à Paris, il faut se demander s’il ne faudrait pas établir la prospérité économique avec d’autres indicateurs que le taux de croissance. C’est en substance ce pourquoi plaidait Penny Low, fondatrice et présidente du Social Innovation Park, une organisation à but non lucratif basée spécialisée dans l’entreprenariat social et le développement durable à Singapour. Invitée comme intervenante de la session Sustainability as a “killer app”,  il faut selon elle refondre entièrement notre “système de valeurs,  nous devons réfléchir à des politiques de long terme, en faisant des choix économiques en lien avec notre environnement”.

 

Penny Low

 

Son appel sera t-il entendu ? Si l’on se base sur les déclarations internes du PDG de Shell, Ben Van Burden, rendues publiques par le Guardian la semaine dernière on peut s’interroger. D’après le journal britannique, le dirigeant de la firme pétrolière affirme que la planète va subir une hausse de 4°c d’ici à 2100, se basant sur  les prévisions les plus pessimistes de l’Agence Internationale de l’Energie. Or, ce discours contraste avec les déclarations publiques de l’entreprise et interviennent dans un contexte où Shell vient de recevoir l’autorisation du gouvernement américain de forer dans l’océan Arctique.

Cette année encore nous aborderons ces sujets au cours du Women’s Forum Global Meeting, que ce soit à l’occasion d’une session plénière avec un débat intitulé Is less is more, the solution to adressing vital needs ou à travers des sessions en parallèle comme New batteries for cleaner transport et How will car sharing and mobile apps change urban transportation qui aborderont les enjeux liés à lutte contre la pollution sous l’angle du transport.

 

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